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Mogwai

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FILM MYSTIQUE

Affiche de Burning
Il y a quelque chose de mystique dans la musique de Mogwai. Ne seraient-ce que les partitions séquentielles, les redondances harmoniques, les variations sérielles qui reviennent à l’instar d’une fugue électro, et ces crescendi qui résonnent comme l’ivresse d’une communion extatique. Oui l’architecture musicale des œuvres de Mogwai induit cette proximité culturelle qui n’est peut être que contingente, accidentelle. Mais lorsqu’une mise en scène insiste sur cette induction, lorsqu’elle centre sa focale et sa construction sur cette dimension communiante, on ne peut plus négliger cet aspect. Et ce sera au film de mettre en exergue la musique de Mogwai comme expérience mystique à part entière.

Mais qu’on ne se méprenne pas. Le mysticisme suscité ne relève pas de son contexte religieux. Il n’y a pas d’enjeu confessionnel, ici. Non, il s’agit plutôt d’une extase bataillienne, sans artifice ou médiation qui proviendrait d’un quelconque crédo ou d’une quelconque obédience. Une communion entre émetteur et récepteur, par le biais des vibrations invisibles, cette musique sans corps, sans matière autre que cette présence aérienne qui vient mettre sur un même plan, qui vient dévoiler l’homogénéité naturelle de ce qui est alors différencié, séparé. Une expérience mystique est toujours le recouvrement de l’unité en ce qui était abstrait jusque-là. Ici, ce sera la scène, ces musiciens qui par l’ingénierie qu’ils opèrent sur leurs instruments viendront à se confondre avec cette audience acquise et conditionnée par le flux musical.
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La Blessure / Marie Antoinette

La Blessure de Nicolas Klotz, Marie Antoinette de Sofia Coppola : à un an d’intervalle, les deux films utilisent la même chanson de Ian Curtis, « Ceremony », dans la version de Joy Division (La Blessure), ou dans celle de New Order (Marie Antoinette).

Dans le Klotz, c’est une réunion de sans-papiers : l’évacuation du squat est imminente, par peur d’une intervention de la police ; on échange des cigarettes en causant de plans boulot ; on fait venir des fringues pour les filles, qu’elles essaient en riant même si elles se plaignent de se sentir toutes nues dedans (c’est normal, c’est pour les faire travailler dans un bar). […]

Eyquem

La suite de l’article est disponible dans le n°1 de Spectres du cinéma papier sur le site des éditions LettMotif.

Lâcher prise. Entretien avec Syd Matters

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Spectres du Cinéma : Pouvez-vous nous rappeler rapidement comment vous avez rencontré Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval ?

Jonathan Morali : Ça remonte à longtemps, 2003 ou 2004. Et la musique du film en elle-même, c’est par Rémy notre guitariste qui le connaissait, et au moment où il commençait à réfléchir à la musique de son film qu’il avait fini d’écrire, je crois, Nicolas est venu nous voir, ils ont organisé un concert dans le cadre d’une soirée à Montreuil et donc on a joué. Il y avait a peu près…17 personnes, dont Nicolas Klotz, qui s’est mis sur une chaise à trois mètres de nous, qui était comme ça (mime quelqu’un d’endormi) pendant tout le concert, et qui s’est pris tout le concert dans la gueule. Je crois que c’est ce jour-là qu’il nous a dit : « je vais vous proposer de faire la musique du film ». C’était assez intense. […]

Propos recueillis par Raphaël Clairefond, à Paris, le 05 octobre 2010

La suite de l’entretien est disponible dans le n°1 de Spectres du cinéma papier sur le site des éditions LettMotif.