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Coltrane ou Rollins ?

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Dans les faits, nous sommes toujours placés devant de faux choix : si Mondrian te touche, Moore ne peut t’émouvoir ; si Coltrane t’enflamme, Rollins te laisse froid ; si tu es fasciné par Hitchcock, alors pas par Leacock. C’est toujours le squelette ou la chair. Mais ce n’est pas ainsi que cela se passe, ni pour les créateurs, ni pour les spectateurs imaginatifs. Les liens sont plus capricieux, plus mystérieux, ils traversent les genres, les tempéraments, les perspectives. Ils vont d’un pôle à l’autre. Ce n’est pas la même chose que l’éclectisme – un peu de ci, un peu de ça, tout ce qui peut agrémenter la sauce – non, sous les genres les plus divers on retrouve les mêmes thèmes essentiels. Je ne parle pas de l’Art au sens noble du terme. Et l’impressionnante rencontre avec Marnie ne m’empêche pas de trouver Topaz (L’Etau) du même maître – Hitchcock, une saloperie réactionnaire.

(Johan van der Keuken, dont on oublie trop qu’il est l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire)