Archives

RAS

()

Scène du stabilo dans Quai d'Orsay, Bertrand Tavernier

On ne connaîtrait pas le sens du mot cinéma, s’il n’y avait pas de mauvais films.

Autant le dire tout de suite : Quai d’Orsay c’est pas les fragments d’Héraclite, pas même Tintin, c’est une suite de sketches très théâtre de boulevard, avec Thierry Lhermitte qui fait son show. Il est pas nul. Il est même amusant deux ou trois fois. Mais à la longue, ça lasse, les portes qui claquent, les feuilles qui s’envolent, l’énergie speed, les formules et les aphorismes bidons, toute cette agitation maniaque du grand homme, qui nous rappelle de Funès en plus de Villepin, plus que les personnages des comédies de Hawks.

Les bons livres font souvent se lever la tête, disait Barthes. On pense, imagine, intériorise ; on dérive et rêvasse ; les mauvais films, c’est pareil, mais pas pour les mêmes raisons, on regarde le plafond, à gauche, à droite, on ferme le yeux, en se demandant ce que l’on fout dans la salle et ce que le film fait sur l’écran. Lire la suite »