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Comment Batman ne croisa jamais de baleine

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« Je suis descendu jusqu’aux racines des montagnes, les barres de la terre m’enfermaient pour toujours ; Mais de la fosse tu me fais remonter vivant, O Iahvé, mon Dieu »
Jonas, II, 7

On s’en souvient encore, il y a cinq ans, une démonstration rappelait qu’au fond les chevaliers noirs faisaient surtout preuve de mépris aristocratique. Cinq ans, donc, on le rappelle, se sont passés et Christopher Nolan nous apprend, lui, que c’était en réalité huit. Soit.

Ce n’est pas une simple anecdote : c’est la métaphore du double cheeseburger. Pourquoi n’avoir qu’un steak et une tranche de fromage dès lors qu’il est possible de doubler les quantités ? C’est un détail qui a toute son importance.
Retrouvons donc notre chevalier qui a cessé d’être chevalier, tout déçu et abîmé d’avoir fait un choix (tragique !) : porter le chapeau. S’il était établi depuis déjà deux films qu’il portait un masque, le film rappelle bien qu’un mensonge éhonté a été servi au peuple de Gotham pour protéger (on ne comprend pas trop pourquoi d’ailleurs) le travail d’un procureur devenu criminel.

The Dark Knight Rises démarre sur l’artillerie lourde des bases morales : la culpabilité, le poids du mensonge, l’impossible rédemption, éthique ou morale, ordre ou chaos, etc. Il faudra 2h44 à Christopher Nolan pour ne finalement rien dire de tout cela mais seulement esquiver et frôler. Commençons par prendre le chevalier par le masque, on s’attaquera ensuite à la cape.

Certes, c’est un actioner ou film d’action, et à ce titre, le film tente d’embrasser (mais n’était-ce pas déjà l’enjeu d’Inception ?) tous les codes, idées et possibilités du genre. La course-poursuite, le suspense, la surprise, le twist, l’angoisse, le salut, la destruction, etc. Mais ce ne sont que des cartes que l’on abat comme par obligation. Jamais le récit n’en fait une force.

Une impression désagréable finit par se profiler là où The Dark Knight Rises finit par ressembler à une gigantesque bande-annonce. Une série de moments plus ou moins connectés (avec ce qu’on pourrait appeler son lot de micro-plans et de phrases bien senties) se succèdent les uns aux autres. Cette impression devient de plus en plus désagréable dès lors qu’on comprend qu’il ne s’agit absolument pas d’une intention de la part de Christopher Nolan, à la façon de Takashi Miike dans Dead or Alive, mais d’une incapacité à mener la narration d’un récit alambiqué. Lire la suite »

Spectres du cinéma #2 (webzine)

Spectres du cinéma #2

Sommaire #2

Autour de La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel

Le Testament d’Orphée (balthazar claes)
Les Hautes Solitudes (Raphaël Clairefond)
Les Spectres aiment La Frontière de l’aube (Jean-Luc Lacuve)

Christophe Honoré : la fade personne (Raphaël Clairefond)

Le cinéma de Rabah Ameur-Zaïmeche

Entretien avec Rabah Ameur-Zaïmeche
Les films du milieu de Rabah Ameur-Zaïmeche (Jean-Maurice Rocher)
Horizontalité et verticalité (chez Rabah Ameur -Zaïmeche) (Simon Pellegry)

Compte-rendu de la table ronde autour du livre de Jacques Rancière, Le Spectateur émancipé

Réflexions autour de la langue dans le cinéma français

Autour d’Entre les murs (Raphaël Clairefond)
Traitement spécial de la langue (à propos de La Question humaine de Nicolas Klotz) (Lorin Louis)

Que veut le cinéma (selon Slavoj Žižek) ? (Jean-Maurice Rocher)

Le vieil homme et la mer (autour de Christophe Colomb, l’énigme) (Jean-Maurice Rocher)

Du mépris aristocratique chez certains chevaliers (autour de The Dark Knight de Christopher Nolan) (Simon Pellegry)

Hunger

Révolte (Jean-Maurice Rocher)
My Magic / Hunger : Il faut souffrir pour être digne (Raphaël Clairefond)

Critique / compte-rendu de la soirée d’ouverture du Festival du cinéma allemand (Simon Pellegry)

À l’Action Christine (Adèle Mees-Baumann)

La critique soufflée (Pourquoi pas se marrer de la critique en temps de détresse) (borges)

Cahier critique

Appaloosa de Ed Harris (Raphaël Clairefond)
Dans la ville de Sylvia de José Luis Guérin, Contemplation… du beau (Gregory Ghersy)
Frangins malgré eux de Adam McKay (Lorin Louis)
Home de Ursula Meier (D&D)
Kurt Cobain, About a Son de AJ Schnack (Lorin Louis)
Standard Operating Procedure de Errol Morris (Lorin Louis)

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