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Miroir, mon beau miroir…

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Somewhere (S. Coppola)

Puisqu’il y a les “pro” et les “anti”, disons tout de suite que chez les Spectres, on a pas beaucoup aimé Somewhere. Et pourtant nous avions envie d’en parler (voir le forum), c’est donc qu’il en reste quelque chose. Mais plutôt que de s’appesantir sur les faiblesses du film que certains considèrent comme des forces, parlons plutôt d’un des rares plans du film qui parvient à sonder la torpeur légère du personnage.

Il s’agit d’un lent zoom sur le visage de Stephen Dorff recouvert de plâtre pour le moulage d’un masque. On entend en bruit de fond le ronronnement d’une soufflerie et la respiration légèrement hachée du personnage à qui on a gentiment laissé deux petits trous comme on fait quand on enferme une souris dans une boîte en carton (1).

Mais après tout pourquoi « sauver » ce plan plutôt qu’un autre ? À première vue, pas de raison. Le film de Sofia Coppola est peut-être lent, mais elle tire ses idées plus vite que son ombre. Depuis le premier plan du circuit automobile, on a compris : la star est enfermée dans son petit monde, elle est coupée de la réalité et glande sur le canapé de sa prison dorée, inerte. À la sacro-sainte règle du « un plan = un idée », Coppola préfère substituer l’option sécurité : « trois plans (pour ne pas dire un film) = un idée ».
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La Blessure / Marie Antoinette

La Blessure de Nicolas Klotz, Marie Antoinette de Sofia Coppola : à un an d’intervalle, les deux films utilisent la même chanson de Ian Curtis, « Ceremony », dans la version de Joy Division (La Blessure), ou dans celle de New Order (Marie Antoinette).

Dans le Klotz, c’est une réunion de sans-papiers : l’évacuation du squat est imminente, par peur d’une intervention de la police ; on échange des cigarettes en causant de plans boulot ; on fait venir des fringues pour les filles, qu’elles essaient en riant même si elles se plaignent de se sentir toutes nues dedans (c’est normal, c’est pour les faire travailler dans un bar). […]

Eyquem

La suite de l’article est disponible dans le n°1 de Spectres du cinéma papier sur le site des éditions LettMotif.