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Blue Jasmine

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Pourquoi Jasmine finit-elle seule et sans argent, sur un banc public ?
Et pourquoi Chris, le héros de Match Point, ne finissait-il pas, lui aussi, sur le même banc ?
Pour rien. Parce que c’est comme ça.

On dit que Woody Allen est un moraliste, un satiriste habile à révéler la petitesse d’âme, les mensonges, les ruses des uns et des autres. Le problème, c’est que c’est un moraliste sans morale. La morale de ses grands films, comme Crimes et délits ou Match Point, c’est que justement, il n’y a pas de morale : les assassins s’en sortent, leurs crimes ne leur donnent même pas mauvaise conscience ; il n’y a pas de dieu vengeur pour rattraper les criminels, ni de dieu de miséricorde pour sauver tout le monde. Il n’y a ni justice, ni bien, ni vérité : il n’y a que des intérêts, des passions, des appétits, sans aucun principe pour les réguler. Si quelques-uns réussissent, deviennent riches et célèbres, mènent la vie de palace et boivent du champagne au petit déj’, ça ne tient pas à leurs mérites mais uniquement à la chance. Lire la suite »