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Choisir un visage dans ce film. Un sur combien ? L’oubli du chiffre est sans importance : une série illimitée de visages vieux, beaux, bouffis, rudes, en larmes, illuminés… Le choix porte sur rien, un de ces visages n’en entraîne aucun ou les entraîne tous, dissemblables, singuliers, hors catégorie. Et dans ce défilé de singularités, ce qui me point, c’est ce qui me pointe, d’abord comme sur un registre et selon mes coordonnées d’appartenances et d’affiliations sociales et culturelles. La liste est reçue immédiatement par la mise en batterie de tout ce que j’ai étudié de près ou de loin, ouvertement, volontairement, ou subrepticement. Tout un discours qui m’informe au préalable. Mais il y a aussi le pointage des glissements possibles, des liens nouveaux et des déliaisons, une parole en tout cas qui trouvera plus ou moins à se transcrire en verbiages. L’injustifiable de ces figures, ce qu’elles ont de rétif et d’obtus à toute explication, est pourtant justiciable de ce pointage double-face, coup-de-force et coup forcé contre le réel qu’on appelle un choix. Tant qu’il y a décision et limitation, dès qu’un regard est porté, la pleine vision reste impossible et l’obtus se ramène à une espèce de l’obvie. Alors, dans cette longue rafale de portraits, on peut regarder ceci : qu’il n’y a rien d’irréductible dans le sensible, dans ce qu’on appelle le sensible et qui est, pour celui qui regarde, juste un passage, une position intermédiaire avec ce qui fait parole. Autrement dit, le sensible est toujours accroché à son Autre intelligible par toutes les déterminations du regard. Lire la suite »