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Holy Motors

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« Le livre de la vie limpide et grimaçant »

Holy Motors (Leos Carax)

Profession : génie. Carax fait dans le genre « vous n’avez jamais vu ça ». Personne n’est aussi libre que moi. Je suis fou, oui, je suis l’artiste, c’est moi le roi, Abel Gance et Napoléon aussi. La plupart des critiques professionnels ont été littéralement aplatis par le film. Ils ne peuvent pas en parler ; acculés à s’extasier pour ne pas perdre la face. Le film ne ressemble à rien, ne cesse d’insulter les conventions esthétiques et narratives les mieux admises, délire sans se gêner sur tout et n’importe quoi, et pourtant fait film. Il fait un tout. Sa forme outrée, hérissée d’outrances le rend inattaquable. C’est tout le temps qu’il va trop loin, il aligne faute de goût sur faute de goût, il le sait très bien, tout le monde le voit et le bon goût devient dans son ombre une chose mesquine et méprisable. C’est libérateur, de la vraie bonne catharsis. Obsessions : le sexe, le meurtre, les monstres, la misère, la mort. Ça agresse et ça dézingue, ça fait un grand courant d’air. Le Saint Vomi de Carax purifie l’atmosphère. Lire la suite »