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Coppola entre l’image et l’origine

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As far, my lord, as will fill up the time
‘Twixt this and supper : go not my horse the better,
I must become a borrower of the night
For a dark hour or twain.

Shakespeare, Macbeth, Acte III, Scene I

Brouillard sur le lac

Francis Ford Coppola raconte que quand il était jeune, et qu’il bossait pour les frères Warner, Jack Warner (retenez ce prénom) un homme très drôle, lui disait : « Souviens-toi, pas de brouillard sur le lac ! » C’était sa manière de vous faire comprendre qu’il ne fallait pas lui faire perdre son temps et son argent, comme « ces réalisateurs qui prenaient du retard sur leur plan de tournage, en perdant du temps à régler la machine à brouillard. Warner ne voulait pas que les réalisateurs gaspillent leur temps avec l’ambiance, il voulait qu’ils se concentrent sur l’histoire ».

Une jolie histoire, pleine de sens.

Il semble un peu tard, voire trop tard, pour encore parler du dernier film de Coppola, du moins, si l’on croit que l’écriture doit être au rendez-vous de l’actualité, qui nous impose de parler des films quand on en parle, de les voir quand on les voit. L’époque n’a rien à voir dans cette histoire. Adorno, qui ne raffolait pourtant pas du cinéma, se plaignait déjà il y a des siècles que peu de temps après sa sortie un film n’existait déjà plus. Les choses ne se sont pas arrangées. On doit toujours plus s’essouffler derrière des objets qui disparaissaient trop vite pour que l’on ait la moindre chance d’expérimenter que quelque chose échappe au sentiment du « nevermore », ce grand ennemi de la vie, de l’art, et plus encore du critique, qui hélas, pour lui, doit œuvrer dans le domaine de l’éphémère. Ce qui explique, sans doute, en grande partie ces textes bâclés, illisibles, sans joie, qu’on doit se taper. Mais on ne peut en vouloir à personne. C’est pas la médiocrité qui nous inflige ça. Vous ne pouvez pas écrire, vraiment écrire, si vous n’avez pas le sentiment que quelque chose de vos efforts, de vos sensations, de vos idées, va rester. Quel critique a jamais éprouvé le sentiment poétique d’instituer ce qui demeure du cinéma ? […]

La suite de l’article est disponible dans le n°2 de Spectres du cinéma papier sur le site des éditions LettMotif.

borges

Spectres du cinéma #3 (webzine)

Spectres du cinéma #3

Sommaire #3

De la pratique et de la contradiction 3

Guerre(s) et cinéma 4

Gundam, héros de guerre et mort des idéologies (Mounir Allaoui) 4

Image manquante. L’imagerie de la Première Guerre mondiale en 3 films (Lorin Louis) 9

«…Dansez maintenant». Montrer l’exemple au cinéma (Simon Pellegry) 19

Au Proche-Orient : La terre leur est étroite 24

Guerre et paix, en petit (autour de Dans la vie, P. Faucon, 2008) (Jean-Maurice Rocher) 24

Se faire à voir (Jean-Maurice Rocher) 26

Valse avec Bachir (Adèle Mees-Baumann) 31

Z32/Valse avec Bachir Du bon côté de l’histoire (Raphaël Clairefond) 43

طغض ةرجنط Cocotte-minute (balthazar claës) 47

Que peut le cinéma ? (Jean-Maurice Rocher) 55

Clint Eastwood / Spike Lee (Stéphane Belliard, Jean-Maurice Rocher) 58

Pas de miracle pour les Spectres, Clint 59

Étendard de la mémoire 66

Cinéma(s) aux marges 72

Lorsqu’Hitchcock rencontra Rembrandt (Simon Pellegry) 72

Inattendu Renoir (Jean-Maurice Rocher) 76

Variations Du sujet : playtime 78

À l’école buissonnière du cinéma d’hier (Raphaël Clairefond) 78

Les portes musicales (Jean-Maurice Rocher) 81

Admiration pour José Benazeraf – claire Denis 82

Avez-vous vu José Benazeraf ? (Leurtillois) 82

Vers Claire Denis… The Drives : Every Day Fever… (D&D) 85

Les points de réel ; passion du semblant et montage du réel 96

À propos de La Forteresse Roberto Rippa 96

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