À propos

Les Spectres du cinéma.

Qui ? Quoi ?

Ainsi donc, il faut se présenter, donner des raisons d’être, des fins. Il faut se justifier d’être, même quand on prétend ne pas être. C’est la règle. On fera semblant de la suivre. Les spectres, c’est une histoire d’amour du cinéma, des histoires d’amitiés, des ruptures. Ils sont nés au printemps 2008, de la crise de la critique provoquée par les nouveaux espaces virtuels d’écriture, de pensée et de discussion. Soudain ne tenait plus le vieux partage entre les spectateurs, même émancipés, et des critiques professionnels, complices par intérêt des dispositifs de pouvoir qui assignent à chacun sa place.

Un spectre, du cinéma, ou d’ailleurs, c’est d’abord quelqu’un qui, comme le fameux cow-boy guitariste, déclare son étrangeté au lieu. He’s a stranger everywhere himself. Les spectres ne sont pas. Ils ne sont ni un site, ni un forum, ni une revue, ni des rédacteurs, ni des forumeurs, ni des blogueurs, puisqu’ils visent essentiellement à déplacer les déterminations policières, qui commandent toutes les politiques ontologiques de l’identité. Il ne s’agit pas pour eux de répondre à la question de l’être du cinéma, de porter son deuil, mais de trouver dans le cinéma, qui n’est pas, donc en dehors de ses formes et de ses frontières, les moyens d’interroger, de « déconstruire », disent-ils, les liens consensuels entre « le sens et le sens ». Que d’ambition, dira-t-on. Mais non : penser est à la portée du premier venu, à condition de courage, et d’humour. Comme l’avait compris Jean-Maurice, qui nous a permis de gagner ces temps et ces espaces spectraux, de devenir les spectres du cinéma : la capacité de n’importe qui, de n’importe quoi, à ne pas être à sa place, mais à la hanter.

Le site spectresducinema.org a été construit et développé par Pierre-Yves Ducarre. Merci à lui !