J’écris ton nom

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Maps to the stars

Maps to the stars

Un vrai film d’horreur.

Le film n’a vraiment pas d’intérêt si on réduit son récit à une satire d’Hollywood. On n’aurait pas besoin de ce film pour savoir que les stars d’Hollywood sont de petits dieux capricieux, bouffis de vanité, qui, dans la vraie vie, pètent comme tout le monde. Rabaisser Maps to the Stars au rang d’une satire, c’est comme dire que La Mouche est un film sur les dangers de la science, ou Faux-semblants un portrait au vitriol du monde des gynécologues : ça n’a aucun intérêt. Et puis, qu’est-ce qu’une satire ? Qu’est-ce qu’un rire satirique ? C’est un rire qui s’amuse des tares supposées de la nature humaine, qui naît d’un regard extérieur porté sur l’être humain et sur la vie en général, pour se désoler de leur misère, de leur insuffisance native et de ce que l’homme se laisse berner par les illusions, guider par ses passions, au lieu de vouloir tout simplement ce qui est bon, ce qui est juste, ce qui est bien, comme il est naturel. S’il y a un cinéaste pour lequel cette idée de l’homme n’a aucun sens, c’est bien Cronenberg, lui qui s’est attaché à donner de l’homme l’idée d’un être sans volonté propre, sans liberté, trompé, manipulé, contrôlé par un faisceau de forces extérieures, qui ne lui laissent guère la possibilité de pouvoir être autre que ce qu’il est, ni aucune liberté de vouloir le bien, le juste, comme si c’était là des objets que chacun désirait naturellement et qui étaient à la portée d’un simple bon vouloir. Ne parlons donc pas de satire, qui supposerait que Cronenberg juge la vie du point de vue supérieur d’un moraliste : son projet n’a jamais été de juger la vie, pas même celle de stars idiotes, mais d’être l’observateur de ce qui, dans la vie même de ses personnages, s’affole et se dérègle, les dépasse et les emporte vers une catastrophe contre laquelle ils ne peuvent rien. Lire la suite »

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